MANIPULER SES PUUKKOS

Sculpture - Conseils - Vidéos


Des histoires qui donnent
au couteau sa personnalité

Esprit Scandinave

Aventure, détente et vie dans l’instant présent : c’est la vie en extérieur dans ce qu’elle a de mieux. Une bonne excursion dans la nature ressemblera toujours à la personne qui l’entreprend. Un puukko fait partie intégrante de cette belle expérience.

Les couteaux sont très utiles pour faire la cuisine ou bricoler, mais ils sont aussi dangereux.

Dans cet article, nous verrons comment utiliser au mieux les outils pour sculpter une cuillère en bois. Ensuite, nous aborderons quelques conseils d’utilisation pour manipuler vos puukkos en toute sécurité. Enfin, j’ai regroupé les vidéos d’un véritable artiste très attachant qui nous montrera les meilleures prises pour travailler efficacement le bois.

Bonne lecture !

01. Sculpture

Les outils conseillés pour sculpter le bois.

02. Conseils

Les bonnes pratiques et les bon mouvements.

03. Vidéos

Jögge Sundqvist montre différentes techniques.

Il y a un domaine dans lequel le puukko excelle, c’est la sculpture du bois !

La sculpture de cuillères en bois.

Grâce à son manche qui offre une excellente prise en main et sa lame en carbone avec un tranchant rasoir, le puukko est à l’aise dans la sculpture du bois.

Sculpter une cuillère en bois
Cuillères en bois sculptées

Travailler le bois avec son puukko

J’adore utiliser mes puukkos pour faire des cuillères en bois. C’est un passe-temps extraordinaire, car il oblige à être extrêmement concentré. Un très bon moyen de se vider la tête des tracas du quotidien. Bien sûr, pour ce travail pas question d’utiliser des œuvres d’art comme les puukkos de Bertil Fällman par exemple. Ils sont beaucoup trop beaux et pas vraiment adapté à la sculpture du bois.

Pour cette tâche, les couteaux Mora sont les rois !

Couteau Mora Classique

Couteau Mora

Les couteaux sont fabriqués dans la région de Mora depuis le 17ème siècle. Les fondations de l’usine d’aujourd’hui ont été posées dès 1891 et ont depuis lors propulsé notre savoir-faire local dans le monde. Nos couteliers fabriquent encore des couteaux à la main, comme à l’époque.

Les bons outils pour travailler le bois

Le principe même du bushcraft est de travailler le bois trouvé à l’état naturel en vue de concevoir les objets utiles du quotidien. De la vaisselle en bois (tasse kuksa, cuillère, assiette…) au mobilier de bivouac, il vous sera nécessaire d’avoir un minimum d’outils dédiés au travail du bois. Fabriquer soi-même sa cuillère en bois ou tasse kuksa à la mode viking sera d’un grand bonheur avec de bons outils. Une petite liste rapide et non exhaustive :

  • Une hachette pour dégrossir la forme
  • Plusieurs couteaux de sculpture
  • Une croche pour creuser bols et cuillères
  • Papier de verre pour ponçage final


Sculpter une cuillère en bois en 9 étapes

Pensez la cuillère comme un bel objet artistique et artisanal !

Exemples de cuillères en bois sculptées

Travailler le bois est accessible, créatif et ne nécessite pas d’atelier ou d’équipement sophistiqué. Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’un morceau de bois et d’un objet tranchant pour le sculpter.

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Bien choisir le bois

C’est ce qui importe le plus. Vous aurez l’embarras du choix, mais je vous recommande d’utiliser un bois tendre, par exemple du saule, du tilleul ou du bouleau. Plus faciles à sculpter, ces essences de bois rendront le travail plus facile.

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Fendre et préparer

Pour fendre le morceau de bois bien au milieu, plantez la hache dans le bois, soulevez la hache avec le morceau de bois et frappez de petits coups contre la surface de travail. Une fois le bois fendu, enlevez la partie sombre au centre. Avec la hache, retirez du bois jusqu’à ce que la ligne sombre au centre ait disparu.

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Nettoyer

Il faut à présent enlever l’écorce et nettoyer le bois. Pour cela, prenez à nouveau la hache. Commencez au centre et allez vers le bas. En inclinant un peu la hache vers l’extérieur, l’écorce se détache plus facilement. Vous avez maintenant le matériau de base pour votre cuillère !

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Dessiner la forme de la cuillère

À l’aide d’un crayon, dessinez un cercle à l’une des extrémités du morceau de bois, en laissant à peu près un centimètre tout autour. N’oubliez pas d’élargir un peu le manche près des cercles.

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Creuser

Il faut à présent donner au morceau de bois la forme typique d’une cuillère. Saisissez la cuillère au niveau du manche et creusez avec un couteau croche. Ciselez le bois très lentement en palpant régulièrement avec les doigts, jusqu’à ce qu’il reste à peu près un demi-centimètre de bois au fond du creux.

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Peaufiner

Cette étape va prendre plusieurs heures, mais elle est cruciale. C’est là que votre création va véritablement prendre forme. Prenez le couteau à sculpter et retirez lentement de petites épaisseurs de bois en appuyant avec votre pouce pour faire levier. Faites en sorte d’obtenir un manche parfaitement droit et bien lisse.

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Sécher la cuillère

Vous devez à présent sécher la cuillère pour rendre son ponçage plus facile. Placez-la dans un sac plastique à fermeture zip avec de petits copeaux de bois sec et laissez le sac ouvert à la température ambiante pour que l’humidité puisse s’échapper. La cuillère mettra 3 à 5 jours pour sécher naturellement.

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Poncer

Poncez le bois jusqu’à ce que le creux et le manche soient parfaitement lisses. N’exercez pas de pression sur le bois tendre. Utiliser du papier de verre en allant de 80 à 320 par exemple. C’est la finition, prenez tout votre temps.

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Huiler

Pour finir, ajoutez un peu d’huile sur la cuillère. L’huile ne donne pas seulement un aspect brillant, elle protège aussi le bois et fait ressortir son grain et sa texture. Il est possible d’utiliser n’importe quelle huile de qualité alimentaire, par exemple de l’huile de lin, de l’huile de noix ou de l’huile de tung pure. Évitez l’huile d’olive, car elle devient gluante et attire les saletés.

Quel bois pour la sculpture de cuillères ?

Une cuillère sculptée

Tous les bois se sculptent, mais à partir d’une certaine densité, il est préférable d’utiliser des outils électriques plus puissants plutôt que des outils manuels. Je vais donc rester sur des bois tendres et faciles à travailler. En voici quelques-uns parmi les plus populaires :

Tilleul :
Bois blanc, très mou ayant un grain idéal pour la sculpture. Il est recommandé autant aux débutants qu’aux sculpteurs expérimentés. Il rend bien les formes que l’on y sculpte, car sa blancheur rend bien les contrastes (clair/obscur). Puisqu’il est le plus commode à sculpter et qu’il n’a pas un grain très prononcé, il fait partie des bois idéaux à utiliser pour un projet que l’on veut peindre. Ce bois est aussi idéal pour les petites sculptures et les visages dans lesquels l’on ne souhaite pas que le grain vienne visuellement nuire à la forme en « rainurant » les légers traits du visage. Si on le traite avec une huile, il révèlera un beau grain sobre, jaune beige et parfois marbré de brun.

Noyer cendré :
Bois brun pâle, très mou, mais un peu plus « cassant » que le tilleul. Son grain est extrêmement prononcé et ressemble un peu à celui du chêne. Idéal pour tous projets où l’on veut laisser le grain du bois visible.

Acajou : 
L’acajou, africain ou brésilien, est aussi un bois qui se sculpte très bien, malgré qu’il soit un peu plus dense que les bois précédents. Il a une couleur brun orangé et a la particularité d’avoir différents reflets selon l’angle avec lequel on le regarde. Autrement dit, il s’agit d’un bois très riche au niveau du grain, juste assez prononcé pour donner un bel effet, mais pas trop pour nuire à l’esthétique d’ensemble comme le noyer tendre peut parfois le faire.

Pin : 
Le pin, un résineux relativement mou, est aussi utilisé pour la sculpture pour son teint jaunâtre et son grain parfois très prononcé, mais il a le défaut d’être « cassant » et d’avoir des nœuds très durs et difficiles à sculpter. Cependant, il peut s’avérer idéal pour des projets de débutants puisqu’il est accessible et bon marché. Autre point intéressant, par rapport au tilleul et au noyer cendré, le pin est celui qui résistera le mieux à la pourriture donc pour une sculpture extérieure à bon prix, il s’agit d’un très bon choix. Les sculptures en pin où l’on appliquerait un fini naturel, par exemple une huile danoise ou une cire d’abeille, feront de belles pièces et donneront un petit côté rustique à votre œuvre.

Hêtre : 
Le premier avantage du bois de hêtre est l’esthétique. En effet, la présence des lignes de nervures sur la surface le rend très élégant. Il est également facile à travailler. Ce bois est solide et lourd avec un grain droit, serré et une texture uniforme. La couleur du bois de hêtre est claire, crémeuse et naturellement brillante.

Le Brusletto Nansen ci-dessus, est une copie du couteau que l’aventurier norvégien Fridtjof Nansen a reçu des indigènes du Groenland en 1888. Un puukko qu’il garda toujours sur lui durant ses expéditions. C’est un couteau très fin avec une lame en acier inoxydable qui a un tranchant rasoir traditionnellement droit. Le manche du couteau est en bouleau magnifiquement huilé.

Tailler le bois est bien plus qu’une activité de bricolage…

Utiliser ses puukkos pour découvrir le potentiel d’une chute de bois en créant des objets authentiques, aux formes simples et qui vous accompagneront dans votre vie de tous les jours est un pur moment de bonheur. Tailler le bois est un vrai passe-temps pour les passionnés du bois, et un art de vivre pour ceux qui pensent que les hommes et les arbres entretiennent une relation particulière.

Sculpture & Bois

L’art de prendre son temps !

 Un bon couteau et un morceau de bois : voilà tout ce dont vous avez besoin pour apprendre à sculpter le bois. Chaque bûche recèle un vaste potentiel d’objets de toutes sortes ; il suffit de savoir extraire ce qui n’appartient pas à l’objet imaginé.


Conseils

Comment manipuler son puukko et apprendre les bons gestes

Si créer une cuillère en bois ou une kuksa avec ses dix doigts est très gratifiant, le danger de se couper pendant le travail est omniprésent. Il est important de terminer le travail avec tous ses membres attachés ! Plus que jamais il est préférable de prévenir que de guérir d’éventuelles blessures. C’est pourquoi je vous propose quelques conseils qui vous aideront à réduire considérablement les risques d’accident.

On pourrait croire que plus un couteau est aiguisé, plus il est dangereux, mais c’est justement l’inverse. Un couteau émoussé oblige à forcer dessus ce qui augmente le risque de riper. De plus un couteau aiguisé provoque des blessures propres et nettes plus faciles à cicatriser. Alors n’oubliez pas d’emmener avec vous le nécessaire pour aiguiser sur le terrain.

Une machette ne donnera rien pour la taille du bois et un petit couteau de bushcraft ne vous permettra pas de dégager les ronces. Mais pensez aussi à la solidité du couteau. Il ne serait pas malin de forcer comme un fou sur un couteau dont la soie n’est pas pleine. De même, une lame de 2 mm d’épaisseur n’est pas assez solide pour les tâches les plus lourdes. À chaque fonction son couteau.

Même si on fait très attention à ses propres doigts, un compagnon imprudent qui vous aborde au mauvais moment peut se transformer en fontaine de sang. Dans les formations de survie ou de bushcraft on parle de la bulle de sang. Il s’agit d’une zone de 360 degrés autour de soi longue d’un ou deux bras. Lorsque vous êtes en train de couper, faites en sorte que personne ne se trouve dans cette zone. Les enfants doivent savoir qu’ils ne doivent pas s’approcher. Si quelqu’un s’approche tout de même, stoppez l’utilisation de votre couteau. Car même si vous faites très attention de ne pas vous blesser, si quelqu’un décide de s’approcher à un moment ou vous ripez avec votre couteau, ces efforts auront été inutiles.

La prise en main façon marteau est la plus adaptée pour le bushcraft et le travail du bois. Comme lorsque vous utilisez un marteau : le poing et les doigts simplement serrés autour du manche. Vous tenez votre couteau de la même manière pour les utilisations en outdoor et bushcraft. Vous ne placez pas l’index ou le pouce sur le dos de la lame, à moins d’utiliser une technique de taille spécifique où cela est nécessaire. En tenant votre couteau de cette manière le risque de riper lors de la taille est réduit au minimum. Tâchez d’automatiser cette prise en main marteau de base. Pour certaines utilisations, vous utiliserez la prise en main marteau inverse. Exactement la même chose, mais avec la lame orientée vers le haut.

Lorsque vous travaillez le bois, il est toujours préférable de déplacer le bois au lieu du couteau. Il existe plusieurs prises en main et techniques permettant de garder le couteau presque immobile et de déplacer l’ouvrage le long de la lame.

Si c’est la première fois que vous entendez ce conseil, vous penserez certainement que c’est exagéré. Mais tous les instructeurs de survie forts de nombreuses années d’expérience vous le diront, c’est tout simplement la meilleure manière de travailler le bois. Dès que vous commencez à la maitriser vous comprendrez que cela vous donne un meilleur contrôle sur la taille. Comme vous n’apportez aucun mouvement au couteau, le risque d’écart est grandement réduit. La seule erreur possible est de prolonger le mouvement du morceau de bois plus que souhaité. Mais on préfère faire voler un peu de bois qu’un couteau tranchant.

Choisissez toujours une surface appropriée au travail du bois. Une surface en bois convient parfaitement, pas vos jambes. Ne pensez pas : je pose cette planche sur mes genoux, je n’ai qu’un petit trou à percer. Le petit trou en question se transformera en grande plaie. Il est également déconseillé d’utiliser un couteau sur une surface en béton. Autant pour le couteau que pour l’entourage qui risque d’en faire les frais.

Cette technique utilise la force de votre torse. Il s’agit d’une technique très sûre avec laquelle il est possible d’éliminer beaucoup de matière. Vous tenez votre couteau en marteau inversé. Vous tenez le pommeau contre votre poitrine et le tranchant dirigé vers votre coude. Vos bras sont contre votre corps, vous placez le morceau de bois sur la lame devant votre poitrine. En tirant maintenant vos épaules et vos coudes vers l’arrière, vous effectuez un mouvement de taille dans le bois. Vous utilisez vos muscles du dos et de la poitrine et pouvez donc engager beaucoup de force d’une manière contrôlée. La pire chose qui puisse arriver, c’est que le morceau de bois aille trop loin. Le couteau demeure quasiment immobile, il n’y a ainsi aucun risque de ce côté.

Vous taillez donc avec la force de votre genou. En plaçant le couteau avec le dos devant votre genou, vous pouvez exercer une grande force en tirant simplement sur le morceau de bois. Là aussi, le seul risque est que le bois aille trop loin. Toujours mieux qu’un couteau qui vole.

Pour ce faire vous tenez le couteau comme un marteau avec le côté de votre poing contre votre cuisse. Votre couteau devrait maintenant être dirigé vers le haut. Vous tenez le morceau de bois dans l’autre main. Puis vous tirez sur le morceau de bois le long de la lame vers vous. En modifiant la position et l’angle du couteau, vous déterminez la quantité de bois qui sera éliminé, cela se passe au senti. Le nom de coupe ciseau vient de l’angle du couteau que l’on adapte comme avec un ciseau à bois. En appliquant cette technique, on remarque qu’elle permet de contrôler la coupe de façon remarquable.

Il est très pratique de pouvoir faire des encoches dans le bois pour faire des piquets de tente ou pour trouver un point où accrocher une bâche avec de la corde ou du paracord. Pour cela vous approchez votre ouvrage près de vous. Vous tenez le couteau dans une main et vous tenez de l’autre main, en dessous, la branche sur laquelle vous souhaitez faire une encoche. Vos mains travaillent en étroite collaboration, alors faites attention à vos doigts. Placez le couteau à l’endroit où l’encoche doit être faite. Maintenant, vous placez vos pouces à l’arrière de la lame afin de pouvoir pousser le couteau dans le bois de façon contrôlée. Si c’est possible, vous poussez le couteau un peu en diagonale dans le bois pour couper plus que de pousser.

Enfin, faites preuve de bon sens. Si vous démarrez une tâche et sentez que quelque chose cloche alors arrêtez immédiatement. Utilisez cette loi de Murphy : si quelque chose peut aller mal, cela arrivera à tous les coups. Ayez toujours une trousse de secours avec vous et apprenez à poser un bandage compressif.

Un puukko reflète votre personnalité.

Un couteau a de multiples fonctions. Il peut être un compagnon de randonnée, un outil pour sculpter le bois, un héritage précieux ou un bel objet exposé dans une vitrine.


15 VIDÉOS

Jögge Sundqvist montre les différentes techniques nécessaires pour travailler le bois en toute sécurité.

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